Si tu vois pas, tu dis

Je suis une histoire. Je suis une histoire sans fin. Je suis un mensonge. Je suis un conflit, une trace, un dernier souffle, une respiration. Je ne suis presque rien. Le passé. Je suis le passé qui te nourrit, je suis ton passé diffus, là où tu as marché, couru, trébuché, là où tu t’es agrippé, relevé, épuisé, oublié. Je suis ce qui te regarde, ce que tu fuis, ce qui te reste. Je suis la nostalgie qui t’envahit, cette chimie qui te construit, je suis le vaisseau qui court dans tes veines. Je suis la vie que tu voulais, je suis la vie qui t’échappe, je suis la vie que tu n’as pas prise. Une nation qui s’endort. Une marche arrière, une reculade. Je suis un monde de travers. Je suis le monde qui t’agite. Je suis une surface. Je ne suis presque rien. Je suis ta révolution, un renoncement, je suis un nouveau départ. Je suis ce qui te court après, ce qui t’attend, un héritage. Je suis ce que tu devrais saisir, ce qui te cherche. Je suis une colère, ta rage qui persiste, qui prend demeure. Une déception. Je suis une insulte.